1 octobre 2015

N° 151 - A lire d'une traite


J'entends à la radio que l'agriculture, l'élevage, mon bon Monsieur, ça n'est plus ce que c'était... Je me souviens d'avoir essayé quand j'étais jeune (très jeune...) de traire une vache, assis sous elle, sur un petit tabouret de bois à trois pieds, dans l'herbage de l'Oncle Albert. Pas facile... Mais gouter le lait chaud, directement dans le seau en fer blanc, avec une vraie paille en paille ramassée dans l'herbe, quelle fierté !

Aujourd'hui la traite est assistée par ordinateur. Un robot palpeur commence par tripoter les pis pour y prélever et analyser de quoi détecter un risque de mammite (eh oui, on vivait dangereusement chez l'Oncle Albert)... Des charolaises sont équipées de "colliers d'activité". Quand une bête est en chaleur et ne tient plus en place, son collier envoie un SMS à l'ordinateur, qui programme aussitôt l'insémination. Des bretonnes pie noir sont pesées et scannées du mufle au bout de la queue tous les matins* : le logiciel ajuste aussitôt la composition des rations administrées à chacune par le robot ravitailleur.

La tablette est entrée à l'étable...

Mais il y a des trous paumés, pas couverts par l'ADSL, où il faut une heure pour enregistrer un veau nouveau-né, où des éleveurs qui ne peuvent utiliser leur PC portable au champ réclament le haut débit. Si Trenet était encore de ce monde, il chanterait peut-être une nouvelle mouture de :
     "Ah qu'il est beau le débit de lait 
     Ah qu'il est laid le débit de l'eau 
     Débit de lait si beau, débit de l'eau si laid 
     S'il est un débit beau c'est bien le beau débit de lait. "

 Là-dessus on apprend que des troupeaux de vaches sauvages errent dans les Pyrénées. L'une d'elles est même tombée sur une voiture au Perthus. Il semble qu'elles viennent de Catalogne. Peut-être rebelles et indépendantistes... Ou bien réfractaires aux fermes-usines et au numérique, et allergiques aux user-manuals, keyboards et softwares ? Les vaches espagnoles parlent si mal l'anglais...


*Je n'invente rien ! Si tu veux vérifier, réécoute sur France Inter le journal de 7h du 1er octobre.


Un vieux dessin de... 1978 (!) recyclé pour l'occasion.

12 septembre 2015

N° 150 - Parallélépalmipède


J'entends à la radio que le Canard enchainé a cent ans. Cent ans... et toujours vivant ! Ceux qui captaient la TSF dans les années 50 (sur un poste à galène peut-être ?) et se souviennent de Robert Lamoureux savent que les canards ont parfois la vie dure. Celui du mercredi est de ceux là.
Je me permets, chers lecteurs, de lui rendre un modeste hommage car il est arrivé que (particulièrement enclins à l'indulgence ou à la flatterie ?) vous me suggériez de lui soumettre l'une de mes chroniques, jugée suffisamment pertinente et impertinente. Je m'y suis risqué une fois ou deux. Mais ce ne sont pas les bonnes plumes qui manquent au Canard ! Aussi a-t-il superbement ignoré ce jeune blanc-bec... qui ne fête guère que ses dix ans, avec son numéro 150.

Le numéro 1, c'était à la fin de l'été 2005. Chirac était encore président, le baril était cher, la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers n'arrangeait rien et l'on espérait y échapper avec les biocarburants. Aujourd'hui le super est au plus bas. Cela nous a poussés, Micheline et moi, à filer vers la Côte d'Azur, où nous nous trouvons. Il y a du soleil, la mer est belle et le pastis rafraichissant. Je souris en relisant ce premier numéro... et en essayant d'oublier un peu l'actualité.

Mais qu'est-ce qui m'a pris de vous envoyer ça, ce jour là ? Puis de récidiver ?...


N°1         19/9/2005

Des petites fleurs dans un monde de brut  


J'entends à la radio que depuis la flambée du baril des malins mettent un tiers de colza dans leur gasoil. Et ça marche !.. Du coup, aux caisses des hypers, on voit passer des caddies emplis de bouteilles d'huile de colza. Mais le monsieur du poste te prévient : c'est in-ter-dit. Faut pas priver l'Etat de sa tit' PP. Si un douanier renifle une odeur de friture au bout de ton pot d'échappement, t'es bon pour une amende.
                
Je repensais à ça hier, à la terrasse d'un bistrot, un dernier jour d'été, devant un dernier pastis... Pour faire durer le plaisir, avant de vider mon verre, je l'ai allongé d'un peu d'eau. 
P…, j'ai eu chaud ! Un képi se pointait au coin du trottoir... J'ai eu le réflexe de tout avaler, cul sec. J'ai coupé au PV. Un pastis, ça va, c'est taxé. Mais plus de cinq volumes d'eau, bonjour les dégâts pour l'économie citoyenne !...



P.S. Pour marquer cet anniversaire n'hésitez donc pas à laisser deux mots de "commentaire", comme vous y êtes invités ci-dessous. Même incognito, sous un "pseudo"...


15 août 2015

N° 149 - Fable économique


J'entends à la radio M. Sapin*. C'est vendredi, c'est le weekend de la mi-août, tout le monde est en vacances... Tout le monde, sauf M. Sapin. M. Sapin ne prend pas de vacances. M. Sapin fait beaucoup, beaucoup d'heures supplémentaires. Il a encore passé des jours et des nuits à discuter du prêt que l'Eurogroupe consent à la Grèce pour qu'elle rembourse à la BCE l'argent emprunté pour rembourser au FMI l'argent emprunté pour...

M. Sapin est fatigué.

Pourtant M. Sapin se lève de bon matin pour aller parler à la radio. Il a une bonne nouvelle à commenter. Elle barre la une des journaux. Au second trimestre la croissance a été nulle. Nulle : zéro pour cent. Mais cela ne décourage pas M. Sapin. Celle du premier trimestre était de 0.7%. Donc, tout va bien. 0.7%, cela reste 0.7%. Ce n'est pas très clair... M. Sapin explique : si votre fils a eu 15 en maths au premier trimestre et encore 15 au second, il n'a fait aucun progrès : croissance zéro ! Mais c'est toujours un bon élève. Oui, bien sûr. Mais, nous, qui avons eu 0.7% au 1er trimestre puis 0% au second ? Pardon, ça, ça n'est pas une note. Ah ?... La note, c'est le PIB. Et le PIB, ça se regarde sur l'année. Croissance zéro au second trimestre, nous sommes sur la bonne voie, ça se confirme. Euh...

Maintenant, c'est moi qui me sens un peu las... Le vendredi, d'habitude, sur France-Inter, j’écoute François Morel. Je le trouve meilleur que M. Sapin. Je m'ennuie de François Morel... Pourquoi les humoristes partent-ils aussi longtemps en vacances ? Aussi longtemps que les communicants de Bercy...




* M. Sapin, tu sais qui c'est, Marinette ? Et toi, Pamphile ? C'est notre Ministre des Finances, voyons !

1 août 2015

N° 148 - Fable cosmogonique


Après les "jeux d'été", place aux devoirs de vacances ! Au programme un peu de cosmographie, mais... sous forme de fable. Ceux (comme Marinette ou Pamphile ?) qui n'auraient rien entendu à la radio sur l'exo-planète Kepler 452b pourront commencer par se documenter sur la toile : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kepler-452_b



Jupiter dit un jour : "Tous les peuples du monde,
S'ils persistent à croître et se multiplier,
Seront fort à l'étroit sur la planète ronde."
Avant que des plaignants n'accourent à ses pieds
Il fait venir les astronomes.
Il clame, en leur montrant les cieux :
"J'en suis le créateur, l'horloger, l'économe !
Votre Terre est petite. Aussi j'entends, Messieurs,
Vous donner une autre planète
Que vous pourrez coloniser.
Choisissez l'astre ou la comète :
Libre à vous de l'organiser."


Le doyen des savants, de sagesse notoire,
S'avance et le salue : "Auguste Jupiter
Nous avons justement, de nos observatoires,
Trouvé à notre Terre une sœur : c'est Kepler.
Mêmes taille et climat, même révolution :
Elle fait en un an le tour de son soleil
Qui par bien des aspects est au nôtre pareil."
Jupiter est ravi : "Voilà la solution !"
Mais le savant reprend : "Kepler est très lointaine...
Le Pharaon eût-il sur la dune égyptienne
Allumé de grands feux en guise de messages
Qu'eussent perçus là-bas des gens à notre image
Qu'on viendrait seulement d'obtenir leur réponse !
Couvrir un tel trajet demande à la lumière
Mille quatre cents ans ! Impensable... On renonce..."

Après cet exposé de vérités premières
Jupin subit encore une leçon fielleuse :
"La Terre et Kepler sont cousines :
Au sein de notre nébuleuse
Claire et lactée, elles voisinent.
Mais, si tu en es bien le père,
Tu dois savoir : cette galaxie est immense.
Deux cent vingt milliards de soleils à l'inventaire !
Tu n'as vraiment pas regardé à la dépense...

Pire, nous avons découvert
Que ta folie impétueuse
T'a fait semer dans l'univers
Cent milliards d'autres nébuleuses !
Aurais-tu fait cela pour nous
Que ce serait un gaspillage
Qui ne nous sert à rien du tout :
Nous n'y trouvons point d'avantage.
N'aurais-tu donc pas réfléchi
Avant de claquer dans l'affaire
Tant d'énergie ? Ah, quel gâchis
Quand nous manquons du nécessaire..."


Là, Jupiter se fâche et fait tonner la foudre.
Les sages avec lui se gardent d'en découdre.
Descendant de l'Olympe ils se disent entre eux :
"Le dieu que nous avons installé sur ce mont
N'est pas à la hauteur. Il en faudrait un bon,
Compétent, à la mode, et qui soit plus sérieux..."
Mais un importun les accoste :
"Et si vous supprimiez son poste ?"


20 juillet 2015

N° 147 - Que faisiez-vous au temps chaud ?

Installez-vous à l'ombre : je vous propose un petit jeu d'été. Rien de bien difficile : il suffit de compléter mon agenda, en devinant le mot (de saison !) caché dans les rimes ou à cheval sur deux autres. Un seul mot, toujours le même. Oui, c'est encore un de ces problèmes-solutions que vous appréciez tant (??) où je suis le seul à me donner du mal...



2/7     J'entends à la radio qu'il se peut que je ----,
Qu'on m'enterre demain dessous un mont-----
Si je ne prends pas garde aux vents, aux hurri-----,
A la touffeur d'été, fatale aux ventr------.
J'irai donc au ciné voir les palmés de ------ :
Au frais, il fait si bon gouter la pell----- !


5/7      Mme Lagarde assomme le populo bal---------timatums, injonctions... Le Grec au caractère vol---------céré, lance la mé------- --tra-rapide d'un referendum !

8/7     Comme j'étais pressé d'emplir un jerri----
Plutôt que de devoir pousser mon véh-----,
Je n'ai pas ralenti au droit d'une chi----.
Je crains qu'on n'ait flashé ma plaque matr----- !

11/7    J'hésite, je renonce à sortir ma bé---- :
Je pourrais en tombant briser ma clav-----.
Je ne veux pas marcher en m'aidant d'une -----
Qui me rende bancal et me désart-----.

13/7    Pays de Caux : à Yvetot et ----, ---tivateurs et producteurs laitiers protestent bruyamment.

14/7    A Vienne les experts passent l'accord au s---,
            Soupèsent chaque mot et chaque part-----.
            C'est fini ! John Kerry a signé : "Yes, you --- !"
            Téhéran est en liesse, exulte, gest-----.
            Mais Ben Netanyahou, sur ses gardes, ri----,
            L'œil rivé au viseur et sur son rét-----.

17/7    Nous rêvons de revoir la cité Vati----
            Depuis la promenade en haut du Jan-----,
            Et de flâner encore au pays de Tos---- ...
            Des tour-opérateurs lisons les fasc------ :
            Vois ces ponts, ces palais, remparts et barba-----
  Ces temples aux frontons ornés de dent------...

19/7    On publie un avis du revenant Strauss - ---- :
Sur la Grèce, impossible qu'il soit rid-----
Car du fonds monétaire il connait les ar-----.
Son point faible, on le sait, ce sont les test------.  

20/7   Pendant ce temps, à Levallois, Bal----, ---otté, lui, plastronne.